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 Bonjour Invité 


     
 
Gaston Bachelard

 
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Nadja


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Inscrit le: 10 Sep 2018
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MessagePosté le: Sam 29 Sep - 09:56 (2018)    Sujet du message: Gaston Bachelard Répondre en citant

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La poétique de l'espace ! 




Gaston Bachelard LA POÉTIQUE DE L’ESPACE extraits (poesiemusiketc.wordpress

INTRODUCTION (extraits)

« Il faut être présent, présent à l’image dans la minute de l’image : s’il y a une philosophie de la poésie, cette philosophie doit naître et renaître à l’occasion d’un vers dominant, dans l’adhésion totale à une image isolée, très précisément dans l’extase même de la nouveauté d’image. 

 
 L’image poétique est un soudain relief du psychisme, relief mal étudié dans des causalités psychologiques subalternes. Rien non plus de général et de coordonné ne peut servir de base à une philosophie de la poésie. .La notion de principe, la notion de « base » serait ici ruineuse. Elle bloquerait l’essentielle actualité, l’essentielle nouveauté psychique du poème. Alors que la réflexion philosophique s’exerçant sur une pensée scientifique longuement travaillée doit demander que la nouvelle idée s’intègre à un corps d’idées éprouvées, même si ce corps d’idées est astreint, par la nouvelle idée, à un remaniement profond, comme c’est le cas dans toutes les révolutions de la science contemporaine, la philosophie de la poésie doit reconnaître que l’acte poétique n’a pas de passé, du moins pas de passé proche le long duquel on pourrait suivre sa préparation et son avènement. »

« Quand, par la suite, nous aurons à faire mention du rapport d’une image poétique nouvelle et d’un archétype dormant au fond de l’inconscient, il nous faudra faire comprendre que ce rapport n’est pas, à proprement parler, causal. L’image poétique n’est pas soumise à une poussée. Elle n’est pas l’écho d’un passé. C’est plutôt l’inverse : par l’éclat d’une image, le passé lointain résonne d’échos et l’on ne voit guère à quelle profondeur ces échos vont, se répercuter et s’éteindre. Dans sa nouveauté, dans son activité, l’image poétique a un être propre, un dynamisme propre. 

« Le poète ne me confère pas le passé de son image et cependant son image prend tout de suite racine en moi. La communicabilité d’une image singulière est un fait de grande signification ontologique » […]Certes on peut, dans des recherches psychologiques, donner une attention aux méthodes psychanalytiques pour déterminer la personnalité d’un poète, on peut trouver ainsi une mesure des pressions — surtout de l’oppression — qu’un poète a dû subir dans le cours de sa vie, mais l’acte poétique, l’image soudaine, la flambée de l’être dans l’imagination, échappent à de telles enquêtes »

« L’image poétique est en effet essentiellement variationnelle.  

 
 Pour un lecteur de poèmes, l’appel à une doctrine qui porte le nom, si souvent mal compris, de phénoménologie, risque donc de ne pas être entendu. Pourtant, en dehors de toute doctrine, cet appel est clair : on demande au lecteur de poèmes de ne pas prendre une image comme un objet, encore moins comme un substitut d’objet, mais d’en saisir la réalité spécifique. Il faut pour cela associer systématiquement, l’acte de la conscience donatrice au produit le plus fugace de la conscience : l’image poétique »

« L’image, dans sa simplicité, n’a pas besoin d’un savoir. Elle est le bien d’une conscience naïve. En son expression, elle est jeune langage. Le poète, en la nouveauté de ses images, est toujours origine de langage »

« Mais puisqu’une philosophie de la poésie doit recevoir toutes les puissances du vocabulaire, elle ne doit rien simplifier, rien durcir. Pour une telle philosophie, esprit et âme ne sont pas synonymes. En les prenant en synonymie, on s’interdit, de traduire des textes précieux, on déforme des documents livrés par l’archéologie des images. Le mot âme est un mot immortel. Dans certains poèmes, il est ineffaçable. C’est un mot du souffle . À elle seule l’importance vocale d’un mot doit retenir l’attention d’un phénoménologue de la poésie. Le mot âme peut être dit poétiquement avec une telle conviction qu’il engage tout un poème. Le registre poétique qui correspond à l’âme doit donc rester ouvert, à nos enquêtes phénoménologiques. »

« En bien des circonstances, on doit reconnaître que la poésie est un engagement de l’âme. La conscience associée à l’âme est plus reposée, moins intentionnalisée que la conscience associée aux phénomènes de l’esprit. Dans les poèmes se manifestent des forces qui ne passent pas par les circuits d’un savoir. Les dialectiques de l’inspiration et, du talent s’éclairent si l’on en considère les deux pôles : l’âme et l’esprit. À notre avis, âme et esprit sont indispensables pour étudier les phénomènes de l’image poétique, en leurs diverses nuances, pour suivre surtout l’évolution des images poétiques depuis la rêverie jusqu’à l’exécution. En particulier, c’est en tant que phénoménologie de l’âme que nous étudierons, dans un autre ouvrage, la rêverie poétique. À elle seule, la rêverie est une instance psychique qu’on confond trop souvent avec le rêve. Mais quand il s’agit d’une rêverie poétique, d’une rêverie qui jouit non seulement d’elle-même, mais qui prépare pour d’autres âmes des jouissances poétiques, on sait bien qu’on n’est plus sur la pente des somnolences. L’esprit peut connaitre une détente, mais dans la rêverie poétique, l’âme veille, sans tension, reposée et active. Pour faire un poème complet, bien structuré, il faudra que l’esprit le préfigure en des projets. 

 
 Mais pour une simple image poétique, il n’y a pas de projet, il n’y faut qu’un mouvement de l’âme. En une image poétique l’âme dit sa présence. »

« Et, c’est ainsi qu’un poète pose le problème phénoménologique de l’âme en toute clarté. Pierre-Jean Jouve écrit: « La poésie est une âme inaugurant une forme ». (Pierre-Jean JOUVE, En miroir, éd. Mercure de France, p. 11) L’âme inaugure. Elle est ici puissance première. Elle est dignité humaine. Même si la « forme » était connue, perçue, taillée dans les « lieux communs », elle était avant la lumière poétique intérieure un simple objet pour l’esprit. Mais l’âme vient inaugurer la forme, l’habiter, s’y complaire. La phrase de Pierre-Jean Jouve peut donc être prise comme une claire maxime d’une phénoménologie de l’âme. » 
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Nadja


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Inscrit le: 10 Sep 2018
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MessagePosté le: Sam 29 Sep - 10:00 (2018)    Sujet du message: Gaston Bachelard Répondre en citant

La maison natale

 Avant d’être jeté dans le monde, le nouveau-né est déposé dans un berceau, enveloppé de chaleur. Il n’est donc pas étonnant que toujours, en nos rêveries, la maison nous apparaît comme un grand berceau où notre être se sent envahi par le bien-être. Être, c’est être bien !

Le poète allemand Rilke n’a jamais revu sa maison natale.


 Et pourtant «cette étrange demeure», ce n’est pas un bâtiment matériel, écrit-il, mais elle est «toute fondue et répartie», dans son être: «les chambres, les escaliers qui descendent avec une lenteur si cérémonieuse, d’autres escaliers, cages étroites montant en spirale dans l’obscurité desquels on avançait comme le sang dans les veines» 
. Pour nous, adultes, qui gardons tout au fond de notre être une «enfance permanente», la maison natale est plus qu’«un corps de logis»; elle est «un corps de songes » . Même disparue, nous l’habitons en songe, c’est-à-dire : «oniriquement».


Maison onirique

Il existe en nous, au-delà de la bâtisse réelle, et au-delà des faits du passé vrai de notre enfance, une «crypte» cachée, « une coquille initiale», un «placard profond». 


Au plus profond de nous-mêmes vit une maison imaginaire, un espace d’intimité et de réconfort, de lumière et de chaleur. Grâce à elle, nous avons la conscience d’être abrité contre le froid et le chaud, contre la tempête et la pluie, contre la nuit et les forces obscures.


Henri Bosco, autre rêveur de maison, touche un point sensible quand il nous révèle le caractère maternel de la maison: « la maison se serre contre moi, comme une louve, et par moments, je sentais son odeur descendre maternellement jusque dans mon cœur. Ce fut, cette nuit-là, vraiment ma mère. Je n’eus qu’elle pour me garder et me soutenir. Nous étions seuls.» 


 À propos de la maternité de la maison, le poète polonais Milosz nous offre deux vers sublimes dans son poème Mélancolie: 


«Je dis ma Mère. Et c’est à vous que je pense, ô Maison! Maison des beaux étés obscurs de mon enfance» 


. D’après Bachelard, Milosz réunit, dans ces vers, deux archétypes différents la Mère et la Maison qui évoquent toutes deux l’image de l’intimité et du repos.


Par contre, les archétypes de la Maison et de la Mère, associés à des rêveries de repos ne suffisent pas pour rendre compte de l’être humain dans sa complexité et dans sa diversité. 

La rêverie habitante



Bachelard nous sert des pages admirables sur la verticalité de la maison : le grenier, hauteur claire de l’esprit; la cave, zone irrationnelle des peurs, des passions et de l’inconscient; l’escalier qui va vers la cave, on le descend toujours, tandis que l’escalier du grenier, on le monte toujours. «La grande plante de pierre qu’est la maison pousserait mal si elle n’avait pas l’eau des souterrains à sa base».


 La maison est comme un grand arbre qui lève son toit feuilli vers le ciel et est profondément enraciné dans la terre. Maison et mère, terre et ciel! Modèle végétal, cosmique, naturel de la maison des humains.


Bachelard traite de la hutte comme étant «la racine pivotante de la fonction d’habiter», «l’absolu du refuge» et le «centre de la solitude concentrée». Un rêveur de maison rêve d’une hutte, d’un refuge, d’un nid, d’un coin «où il voudrait se blottir comme un animal en son trou» 
. En revanche, la hutte de l’ermite est le symbole de l’homme qui veille .


 Par sa lumière, lampe ou chandelle qui l’éclairent, la hutte à la lisière du bois, à l’instar des humains, regarde, veille, surveille, attend et attire les passants 
Les fenêtres et les portes de la maison engagent avec le monde «un commerce d’immensité»  Ouverture au monde, la maison devient expansive. Le seuil, lieu des arrivées et des départs, est un lieu sacré, frontière qui sépare le dedans du dehors.


"Une lampe allumée derrière la fenêtre
Veille au coeur secret de la nuit."

Dans un autre livre La Terre et les rêveries du repos, l’auteur dans un chapitre intitulé «la maison natale et la maison orinique», annonçait déjà la même thématique de la «rêverie habitante»:
 
«La maison onirique est un thème plus profond que la maison natale. Elle correspond à un besoin qui vient de plus loin. Si la maison natale met en nous de telles fondations, c’est qu’elle répond à des inspirations inconscientes plus profondes» .
«La maison natale est construite sur la crypte de la maison onirique. Dans la crypte est la racine, l’attachement, la profondeur, la plongée des rêves» 
.
«Les rêves sont d’autant plus grands que le rêveur se tient dans un plus petit réduit.  On donnerait à l’enfant une vie profonde en lui accordant un lieu de solitude, un coin» 

En nous plongeant dans la densité du songe, Bachelard nous met en «quête d’immensité».
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Armonie
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MessagePosté le: Dim 30 Sep - 07:10 (2018)    Sujet du message: Gaston Bachelard Répondre en citant







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Armonie
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MessagePosté le: Dim 30 Sep - 07:11 (2018)    Sujet du message: Gaston Bachelard Répondre en citant

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Nadja


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MessagePosté le: Dim 30 Sep - 16:27 (2018)    Sujet du message: Gaston Bachelard Répondre en citant

Merci Armonie !  Confused
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:26 (2018)    Sujet du message: Gaston Bachelard

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