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Bushidō, l'âme du Japon

 
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Melmoth
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MessagePosté le: Dim 19 Fév - 16:06 (2012)    Sujet du message: Bushidō, l'âme du Japon Répondre en citant

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Qu'est-ce que le Bushidō ? Un ensemble de valeurs et de pratiques que se devait d'observer le chevalier d'Orient, le bushi, ou samouraï, tant dans la vie quotidienne que dans l'exercice de sa vocation, et qui, aujourd'hui encore, malgré tous les bouleversements, imprègne le caractère japonais et le rend si mystérieux aux regards des Occidentaux.

Bushidō, l'âme du Japon est une clef absolument essentielle pour qui veut pénétrer les fascinantes contrées du soleil levant.

C'est volontiers que je cède la plume à son traducteur qui, bien mieux que Melmoth, saura vous en parler.
    




 
Citation:
Au fond, les livres sont comme les fleurs, ils naissent et ils se fanent, emportés par le temps et les changements, le vent de l'histoire.

Bushidō, l'âme du Japon est à l'image de la fleur de cerisier qui plut tant à son auteur, exquise d'élégance fragile et de légèreté. Mais, étrangement, cette fleur gracile, simple et pure, comme cristallisée, résiste à toutes les brises, à toutes les saisons. Inazo Nitobe, l'auteur, aime à citer dans son petit ouvrage les œuvres érudites d'hommes importants qui, aujourd'hui, ne sont plus rien dans nos mémoires. Et son livre, tout d'intelligence et de discret désespoir, ressort comme un bijou ancien,chargé de parfums nouveaux, du coffret de santal dans lequel chaque génération le glisse pour la génération suivante...

Ce livre est beau parce qu'il est triste. Inazo Nitobe voyait disparaître les idéaux, la vie même à laquelle il croyait, et, avec la politesse d'un homme du monde, il entreprend d'exalter ces idéaux, de les défendre de l'obscurité dans laquelle ils s'enfoncent irrémédiablement.

1900. La fin d'un monde. A peine vingt ans auparavant, l’État japonais a décrété la disparition de la caste des samouraïs. Les sabres sont au placard, les chapeaux haut-de-forme s'épanouissent. Écrasé par le poids de la révélation de l'Occident, sur tous les plans de la culture et de la politique, le Japon se cache, le Japon se déguise, apprend à toute vitesse tout ce qu'il ne sait pas. Nitobe a lui-même fréquenté les meilleures universités européennes et a pris de plein fouet la gloire de l'Occident triomphant. Il est profondément marqué par toutes ces influences, à commencer par la plus forte : le christianisme. C'est avec le sentiment de perte, d'échec de sa culture, qu'il décide pourtant de la défendre par cet ouvrage discret, retenu, à l'éloquence intimiste qui évoque les conversations des salons feutrés des Cercles européens. Il le fait avec une grâce tragique.

Cet ouvrage a la finesse de l'intelligence cultivée et harmonieuse qui présida à son écriture, le parfum d'éternité des choses qui ne sont plus.

Bushidō se lit et se lira encore, moins pour l'information qu'il nous apporte toujours sur le passé féodal du Japon, que parce que son écriture se situe au moment où le monde qu'il décrit est déjà mort et le mythe qui allait suivre cette mort, encore à construire.




    
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Melmoth
Invité

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MessagePosté le: Lun 20 Fév - 20:39 (2012)    Sujet du message: Bushidō, l'âme du Japon Répondre en citant

 
Citation:
Il y a dix ans de cela environ, alors que je profitais de quelques jours de repos sous le toit accueillant du regretté et éminent M. de Laveleye, au cours d'une de nos promenades, notre conversation en vint à aborder le sujet de la religion. « Voulez-vous dire, me demanda cet honorable professeur, que vous ne donnez aucune instruction religieuse dans vos écoles ? » Et comme je répondais par la négative, il fit halte soudainement, plongé dans un étonnement profond, et d'une voix que je n'oublierai pas, il répéta : « Pas de religion ! Mais comment parvenez-vous à éduquer le sens moral ? » Alors, la question me stupéfia. Ce n'était pas en salle de classe que m'avaient été inculqués les préceptes moraux qu'on apprend dès l'enfance et je n'avais aucune réponse. Ce n'est que plus tard, lorsque j'eus commencé à analyser les divers éléments qui composaient mes notions du bien et mal que je finis par comprendre : le Bushidō m'avait porté son souffle au visage et je l'avais inhalé.

En essayant de répondre de façon satisfaisante à M. de Laveleye puis aux nombreuses questions de ma femme sur le sens de telle idée, la raison de telle coutume adoptée au Japon, je pris conscience que, pour qui n'a pas une connaissance intime du féodalisme et du Bushidō, le fonctionnement moral du Japon moderne reste impénétrable.

Je pus tirer partie d'un long repos forcé que m'imposait la maladie pour transcrire sous la forme que je présente aujourd'hui aux lecteurs quelques-unes des réponses que j'avais à l'époque données au cours de ces conversations familiales. Elles disent le plus souvent les récits, les enseignements de mon enfance, au temps où la féodalité avait gardé toute sa force.

Il est décourageant d'être entouré de Lafcadio Hearns et Hugh Fraser d'une part, ou de Sir Ernest Satow et du professeur Chamberlain de l'autre, quand on prétend écrire en langue anglaise quoi que ce soit sur le Japon. Mon seul avantage sur eux est d'être dans la position de celui qui assure seul sa défense là où ces distingués écrivains ne pouvaient qu'être avocats ou procureurs. Il m'est arrivé souvent d'avoir cette pensée : « Si j'avais leur maîtrise du langage, qu'en termes plus éloquents je présenterais la cause du Japon ! » Mais celui qui s'exprime avec la langue d'un autre doit s'estimer reconnaissant de pouvoir tout au moins se faire comprendre.

Tout au long de mon exposé, j'ai essayé d'illustrer par des parallèles avec l'histoire et la littérature européennes tous les points traités, quels qu'ils soient. J'ai pensé que ceci aiderait à la compréhension des lecteurs étrangers en ramenant pour eux le sujet sur des terrains connus.

Quoique certaines de mes réflexions sur la religion et les religieux puissent aller jusqu'à paraître manquer d'égard, je veux croire que mon attitude envers le christianisme ne sera pas mise en doute. Je n'ai pour les méthodes de l’Église et pour les formalismes qui obscurcissent les enseignements du Christ que peu de sympathie ; rien de tel pour les Enseignements eux-mêmes.

Je crois en la religion qu'Il enseigna et transmit aux hommes par le Nouveau Testament, autant qu'en la Loi qui est gravée dans les cœurs. Je crois aussi que Dieu a fait un testament qu'on peut appeler « Ancien » pour chaque homme, pour chaque peuple - gentils ou juifs, chrétiens ou païens. Pour le reste de ma théologie, je n'ai aucune raison de l'imposer à la patience du public.

En terminant cette préface, je tiens à exprimer mes remerciements à mon amie Anna C. Hartshorne pour ses nombreux et précieux conseils.

Inazō Nitobe 

 
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nenette


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Inscrit le: 27 Aoû 2011
Messages: 9 302
Féminin

MessagePosté le: Lun 20 Fév - 23:28 (2012)    Sujet du message: Bushidō, l'âme du Japon Répondre en citant

Melmoth a écrit:
 
Citation:

Tout au long de mon exposé, j'ai essayé d'illustrer par des parallèles avec l'histoire et la littérature européennes tous les points traités, quels qu'ils soient. J'ai pensé que ceci aiderait à la compréhension des lecteurs étrangers en ramenant pour eux le sujet sur des terrains connus.



Inazō Nitobe 

 



Voilà.
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